Brailler du Noir aux Quais du Polar

avril 9, 2010 by Isabelle Godard  
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Du noir, vous allez en entendre parler tout le Week end avec la dernière édition des Quais du polar à Lyon. Le festival a grandi et tisse sa trame avec un succès florissant, et on vous conseille d’aller voir la programmation, et de bien en profiter ! Josefine a choisi d’aller pousser la porte d’une petite expo « hors les murs » au titre prometteur, Brailler du noir.

albert-cossery Le Tasse Livre, un café-librairie installé dans une cave voûtée, accueille cette année Jonathan Sauvebois et sa galerie de portraits. De visages sioux creusés à gros traits à la minutie de portraits d’auteurs de romans policiers, les tableaux s’imposent vite au regard. L’artiste travaille le noir et le blanc, surtout le noir. Quand on le questionne il parle de son rapport au silence : brailler du noir, c’est peindre plutôt que crier, avoir un rapport à une matière qui jaillit.

On y avait plutôt vu un rapport au sens, au toucher, on avait pensé au braille comme on écrirait les mots sur la toile avec les yeux. Mais les deux sens se superposent assez vite : dans une grande partie de son travail, Jonathan Sauvebois réécrit des portraits d’auteurs de romans noirs qui l’ont nourri avec ses « mots », dans une encre autre, quoique visuelle aussi, et dans la quête d’une écriture propre qui tient de la recherche technique et esthétique. En effet, les portraits – Kinski, Taibo II, Burroughs – viennent tous de photographies, mais leur « réécriture » est totale, leurs traits accentués, soulignés, ou parfois effacés, suggérés : ce n’est pas tant le sujet que la façon qui intéresse l’artiste. On retrouve certaines idées ici de la BD contemporaine, et aussi la mise en abîme de l’évolution d’une oeuvre, d’une vie : on se nourrit, on récupère, on digère, on se crée, on crée.

sauvebois-indien Au delà de tout cela il y a une recherche qui tient de l’histoire ou de la mémoire, pour preuve les titres précédents, « Travail au noir », « Noires mémoires ». Ces portraits d’hommes laissés dans l’ombre et qui sont les personnages des auteurs de romans précités, ceux dont l’écriture brute nous parle du réel. Pour être antérieurs parfois les tableaux n’en sont pas moins liés, et de là, on sent la volonté d’aller vers le paradoxe, vers la « mise en lumière » des oubliés.

Et l’artiste nous le confirme, il y a cette envie de dévoiler des personnages anonymes, ceux qui restent en coulisses, ceux qui sont les véritables acteurs du réel et qui ne font pas l’Histoire. On attend le dénouement avec impatience.

Brailler du Noir, une exposition de Jonathan Sauvebois, jusqu’au 30 avril au Tasse Livre, 38 rue Sergent Blandan, Lyon (69001).

Allez aussi faire une visite au site de Jonathan Sauvebois

Soulages versus Turner

mars 23, 2010 by Delphine Bellon  
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vignette-expoturnerA Paris, une grande exposition se termine et une autre commence. Soulages le terrien laisse la place à Turner l’atmosphérique. Le noir sur blanc à Beaubourg s’efface pour les cadres dorés et la couleur au Grand Palais. 20ème siècle contre 19ème. Abstraction contre romantisme. Soulages, Turner, deux chocs picturaux en lettres capitales. Read more

Réflexions sur la peinture de Moris Gontard

février 18, 2010 by Eliza Ploya  
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Illustre représentant de l’abstraction lyrique (1) , exposé en permanence à la Galerie du Vieux Lyon actuellement sur les cimaises, Moris Gontard étonne par la précision de son geste sur la toile et sa virtuosité pour construire des espaces de perspective en n’utilisant que la couleur. Aucune ligne ne perturbe cette atmosphère feutrée faite d’embruns de peinture-matière, de traînées horizontales parallèles et coulures fluides.

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Les Modernes s’exposent : Picasso, Matisse, Dubuffet, Bacon….

janvier 28, 2010 by Delphine Bellon  
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modernes-mba-aff-expo-800Ça sentait un peu l’arnaque cette expo… Pas vraiment une expo d’ailleurs. Mais une nouvelle présentation de la collection de peinture moderne du Musée des Beaux-Arts de Lyon, comme l’annonce le livret. Rien de nouveau et du déjà-vu a priori… Alors, ca vaut le coup ou pas cette «expo-qui-n’en-est-pas-vraiment-une-en-fait» ? Read more