L’irrésistible Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne

mai 4, 2010 par Isabelle Godard  
Classé dans Culture, Littératures

Cette année, la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne se la joue « résistance », et on aime ça ! Résistance à quoi, à qui me direz-vous ? A l’oubli, à l’uniformité, à la pensée unique. Ouvrez vos esgourdes, vos mirettes et votre clapet, parce que la résistance est affaire de tous.

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A la découverte du manga

février 2, 2010 par Isabelle Godard  
Classé dans BD - Manga, Culture, Littératures

Bonjour, vous auriez un manga à me conseiller ? Petit panorama (non exhaustif) d’un genre adoré des jeunes et qui fait son petit bonhomme de chemin chez les lecteurs de tout poil et de tous horizons.
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Les Artefacts du pouvoir

janvier 24, 2010 par Isabelle Godard  
Classé dans Critiques, Culture, Littératures

Critique

Le titre du roman est assez représentatif de son contenu, mais assez touffu quand on pense qu’il y a quatre tomes… Moi qui avais acheté ce gros volume en pensant trouver un one shot, je n’avais pas très bien lu la quatrième de couverture (comme quoi il peut parfois s’y trouver des informations!). Ce premier tome ne m’est cependant pas (trop) tombé des mains. On imagine donc aisément quand même qu’à chaque tome correspondra la quête et la maîtrise d’un des  fameux « artefacts »…

Un résumé, parce qu’il en faut bien un…

artefacts1 Dans un monde ou les Mages règnent plus ou moins sur les mortels sous prétexte de maintenir l’équilibre cosmique, Aurian, fillette à l’enfance contrariée par la mort de son père et l’indifférence chagrine de sa mère, est une petite magicienne sauvageonne qui vit loin de tout. Un ami de son père, Forral, la prend sous sa coupe et l’aide à grandir, lui apprend à se battre, et suite à quelques péripéties, conditionne son départ pour l’académie des mages. Où elle deviendra ce qu’elle est en réalité, une vraie, grande et puissante « Mage » maîtrisant tous les éléments. Seulement, les luttes de pouvoir au sein d’une communauté de mages qui s’étiole fait bientôt exploser l’ordre établi. Aurian, éprise de son mentor (Foral), se rebiffe face à la concupiscence et la soif de pouvoir de l’Archimage Miathan. Elle entame donc une quête avec l’aide de l’esclave Anvar, qui se révèle lui aussi plein de surprises. Dans leur fuite éperdue ils recherchent le moyen de retrouver les « artefacts », quatre objets magiques perdus dont Miathan détient le plus terrifiant. En chemin, évidemment, ils rencontrent un monde fou, amis, ennemis, et subiront de multiples épreuves. Parmi lesquelles, pour Aurian, l’acceptation de la mort de son compagnon, et pour Anvar, son émancipation et l’affirmation de son affection grandissante pour la magicienne.

Hors sujet
Je souhaite quand même pousser un coup de gueule au sujet de cette manie qu’ont les auteurs de fantasy de penser leur œuvre automatiquement en terme de nombre de volumes (sans compter les univers parallèles qui s’ajoutent souvent par la suite, voir Le Trône de fer de RR Martin par exemple). Quand on pense que dans certains cas comme celui précédemment cité, ou dans celui, ô combien intéressant de Zelazny avec les 9 princes d’Ambre (qui date un peu, mais que dire des grands auteurs de Science Fiction?), le fait d’ajouter des volumes se comprend, s’accepte et se digère, parfois on a l’impression de mourir étouffé sous les tomes et les aventures farfelues d’autres héros de saga qu’on fait durer jusqu’à la limite du supportable, comme par exemple dans le cas de l’Assassin royal de Robin Hobb, mais je pense que je reviendrai dessus dans une chronique à part avec un peu plus de recherche en amont. Ici, prenez (ou reprenez) votre respiration, parce qu’on entre dans le vif du sujet.

La Fantasy dans le vif (du sujet)
Dans le cas de notre mage rousse aux yeux verts (qui l’eût cru ?) Aurian, que dire sinon que les clichés et les approximations s’accumulent au fil du texte. Il s’agit d’une histoire banale de lutte pour le pouvoir et contre l’ambition, le tout pour rétablir un équilibre perdu. Les Mages sont grands et beaux et forts et immortels, on s’adresse à eux avec circonlocutions et respect, et ils sont soit gentils, soit méchants, très très méchants. Le personnage principal suit le schéma du roman d’apprentissage : honnête, droit quoique colérique, humble et désintéressé, et cela va sans dire, tout le monde l’aime et lui prête allégeance, hommes comme animaux. En plus, c’est une femme, alors c’est d’autant plus admirable. Et, évidemment, elle n’est pas exempte de doutes passagers, comme tout héros qui se respecte. Mais sa voie, c’est de sauver le Monde.
L’auteur n’a pas échappé au désir de mélanger toutes les créatures possibles et sorties de l’imaginaire commun, licorne, hommes volants, Phées (fées, fae…), animaux qui parlent, dragons, pirates, roi esclavagiste, géants endormis, baleines vénérables et j’en passe un tomberau, mais sans beaucoup d’originalité. L’accumulation foisonnante et la succession trépidante d’épisodes qui feraient selon certains la caractéristique agréable de ce livre est plutôt selon moi synonyme de fouillis un peu brouillon, et sans grand intérêt pour parler simplement. Les « épreuves » pour retrouver l’artefact nommé « le Bâton de la Terre » par exemple : comme par hasard la cachette est située sur le chemin d’Aurian, comme par hasard elle appuie sur le mécanisme pour passer à travers la paroi, et la narration de l’épisode en lui-même devient complètement absconse (avec une sorte d’araignée en acier sortant d’on ne sait ou, un pont invisible comme dans Harry Potter, et des pièges affreux mais qu’on évite facilement, mais on n’en est pas à une aberration près).

Où parfois l’on se dit que trancher (dans le vif), c’est pas plus mal…

En clair, après 400 pages on se rend compte qu’il y en a encore autant, qu’on n’en peut plus des allusions relatives à l’amour naissant d’Anvar pour Aurian (déclaré enfin dans les tout derniers chapitres), et que les personnages passent leur temps à presque mourir et à quasi ressusciter sans arrêt, ce qui devient, oh, juste un tout petit peu, fatigant.
Est-ce, quelque part, la « faute à la traduction » ? Une langue lourde, des phrases longuettes, des expressions pas toujours très heureuses, et quelques perles. Je n’ai pas résisté à l’envie de vous rapporter ici quelques exemples. Tout d’abord les décalages absurdes, limite hilarants : « Il roula alors sur le dos et sentit son coeur se transformer en boule de glace lorsqu’il leva les yeux vers le visage (…) de l’Archimage » (p.781) : alors, quel parfum ? Pistache, vanille, viande hachée ?
Ensuite, les mauvais concours de circonstance : « Il ramena sa robe de chambre autour de lui et leva à grand-peine ses os usés » (p.788)… Jeu de mots involontaire qui s’est traduit chez moi par un ricanement nerveux et m’a fait lâcher complètement le fil de l’histoire…
Enfin, les emphases lyrico-débordantes : « Le ciel aurait dû ressembler à un grand saladier bleu qu’animait la joie sauvage et pétillante du chant des alouettes » (p.802) ; ou encore « Des brindilles couvertes d’épines lui crevèrent les yeux et des branches lui déchirèrent la peau douce du ventre, éclaboussant le sol de projections de sang et d’entrailles » ou l’on se demande ce que vient faire la « peau douce » dans cette vision d’horreur…

Tout cela ressemble donc fort à du remplissage de lignes, tant du point de vue narratif que du point de vue stylistique à proprement parler. On attendra de lire la suite, en se disant qu’on a quand même fait mieux question imagination dans ce domaine, mais enfin comme il faut de tout pour faire un monde (même merveilleux), on peut quand même lire Les Artefacts du pouvoir d’une traite parce qu’en matière de SF on n’a rien sous la main, en sachant qu’on n’en gardera que le souvenir douçâtre que laisse un blockbuster de l’été.

Les Artefacts du pouvoir, de Maggie Furey, ed. de poche : J’ai Lu Fantasy, 2009.