Rencontre avec Agatha Ruiz de la Prada : « Agatha, c’est moi ! »

janvier 29, 2010 par Yvo Deprelle  
Classé dans Arts de vivre, Tendances

Qu’on aime ou pas le travail de la styliste madrilène Agatha Ruiz de la Prada, c’est sûr, il ne laisse pas indifférent ! Depuis bientôt 30 ans, ses créations extrêmement colorées aux formes ludiques et survitaminées – à l’instar de Castelbajac, font figure d’ovni sur la planète mode ! Qu’importe, Agatha, plus qu’un style, c’est la joie et la gentillesse incarnée. D’ailleurs, elle le répète à l’envi : elle a toujours eu horreur du noir ! A l’occasion da la dédicace de son dernier livre, la célèbre styliste de la movida nous accorde quelques minutes de bonheur. Caliente !

Une rétrospective en juin dernier sur votre carrière à la Piscine, le Musée de Roubaix, ça fait quel effet?
portrait-agatha-jo En fait, la première rétrospective, je l’ai faite en 1998 à Valencia, dans les deux Musées d’Art Moderne… Puis quelques mois plus tard, à l’APC de Bordeaux… Ça a été le moment le plus émouvant de ma vie ! Et 10 ans plus tard, une nouvelle rétrospective ! En fait, c’est très intéressant pour le spectateur de comprendre mon travail sur la durée, hors du temps, plutôt que de voir une pièce isolée… J’adore visiter les expositions ! C’est un grand luxe que l’on m’a offert !

Le livre qui vient de sortir à cette occasion, et que vous dédicacez aujourd’hui, reprend l’ensemble de votre carrière ?
Oui, absolument ! On a beaucoup travaillé sur ce livre. On le voulait petit, discret, avec une couverture souple, pas du tout ce qui se fait d’habitude … C’est la crise ! J’aime beaucoup le Musée de la Piscine, ce fut l’une des expositions la plus vue ! 75 000 visiteurs …! C’est magnifique ! Mes voisins, c’étaient Picasso et Chagall !!! De plus, les gens du Musée sont très sympa. Et dans quelques jours commence une autre exposition sur moi à Madrid …! 2009 a été une année très frénétique !

Vous regrettez la période de la Movida, dans les années 1980 ?
J’ai eu beaucoup de chance de commencer en pleine Movida ! Ca a été un moment très particulier, génial ! Je suis très heureuse d’avoir appartenu à ce moment historique ! Ca a été le début de la démocratie et de la liberté en Espagne… Après la Movida, ce fut triste : le sida, la drogue, beaucoup de morts… Ensuite, la période du minimalisme… Et du noir ! Et maintenant, c’est la crise !

Mode, déco, illustration, linge de maison… Vous créez dans tous les domaines ! Qu’aimeriez-vous encore faire ?
Eh bien, je viens de terminer la création… de pinces à épiler pour Tweezerman, ainsi que des… portes blindées !

couverture-jardindecorazones C’est sûr, il n’y a pas plus original ! On vous voit souvent à Lyon,  vous y avez des attaches ?
Oui, j’aime beaucoup Lyon et le Village des Créateurs ! C’est pourquoi je viens souvent. Je pense que la France, ce n’est pas seulement Paris… Quand je suis arrivée d’Espagne, j’étais très intéressée par la découverte de la France… Je crois que Lyon, c’est beaucoup plus français que Paris…!

Question à 100 points : avec le recul, que pensez-vous maintenant de l’interruption de votre dernier défilé par Sacha Baron Cohen pour le tournage de son film Brüno ?
A ce moment-là, j’ai voulu le tuer ! Maintenant, avec le recul, je suis heureuse ! Mais les gens de mon équipe ont dû l’aider ! Vous savez, j’ai déjà été piégée à la télévision espagnole pour l’émission « Inocente inocente ». C’était l’équivalent chez vous de « Surprise sur prise » !

Dernière question ! Quels sont vos projets, Agatha ?
Vous savez, j’ai eu une moyenne de 2 projets par semaine en 2009 ! Aujourd’hui, je suis comme un écran blanc ! J’ai fourni tellement d’efforts l’année dernière… Maintenant c’est la rupture, c’est le repos !!!

Merci Agatha ! A bientôt !
Tu sais, si j’avais un fils maintenant, je l’appellerai ‘Yvo’ comme toi (sic) ! Viens me voir quand tu veux à Madrid ! Muchos besos!

Agatha Ruiz de la Prada, Un jardin de corazones, aux éditions Gourcuff Gradenigo, 24 euros.

Poulet au curry jaune (recette du sud de la Thaïlande)

janvier 29, 2010 par Isabelle Godard  
Classé dans Arts de vivre, Recettes

Khun Mem nous a concocté cette recette très simple et très goûtue pour soirée à deux ou repas entre amis !

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Les Modernes s’exposent : Picasso, Matisse, Dubuffet, Bacon….

janvier 28, 2010 par Delphine Bellon  
Classé dans Archives

modernes-mba-aff-expo-800Ça sentait un peu l’arnaque cette expo… Pas vraiment une expo d’ailleurs. Mais une nouvelle présentation de la collection de peinture moderne du Musée des Beaux-Arts de Lyon, comme l’annonce le livret. Rien de nouveau et du déjà-vu a priori… Alors, ca vaut le coup ou pas cette «expo-qui-n’en-est-pas-vraiment-une-en-fait» ?
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Les Artefacts du pouvoir

janvier 24, 2010 par Isabelle Godard  
Classé dans Critiques, Culture, Littératures

Critique

Le titre du roman est assez représentatif de son contenu, mais assez touffu quand on pense qu’il y a quatre tomes… Moi qui avais acheté ce gros volume en pensant trouver un one shot, je n’avais pas très bien lu la quatrième de couverture (comme quoi il peut parfois s’y trouver des informations!). Ce premier tome ne m’est cependant pas (trop) tombé des mains. On imagine donc aisément quand même qu’à chaque tome correspondra la quête et la maîtrise d’un des  fameux « artefacts »…

Un résumé, parce qu’il en faut bien un…

artefacts1 Dans un monde ou les Mages règnent plus ou moins sur les mortels sous prétexte de maintenir l’équilibre cosmique, Aurian, fillette à l’enfance contrariée par la mort de son père et l’indifférence chagrine de sa mère, est une petite magicienne sauvageonne qui vit loin de tout. Un ami de son père, Forral, la prend sous sa coupe et l’aide à grandir, lui apprend à se battre, et suite à quelques péripéties, conditionne son départ pour l’académie des mages. Où elle deviendra ce qu’elle est en réalité, une vraie, grande et puissante « Mage » maîtrisant tous les éléments. Seulement, les luttes de pouvoir au sein d’une communauté de mages qui s’étiole fait bientôt exploser l’ordre établi. Aurian, éprise de son mentor (Foral), se rebiffe face à la concupiscence et la soif de pouvoir de l’Archimage Miathan. Elle entame donc une quête avec l’aide de l’esclave Anvar, qui se révèle lui aussi plein de surprises. Dans leur fuite éperdue ils recherchent le moyen de retrouver les « artefacts », quatre objets magiques perdus dont Miathan détient le plus terrifiant. En chemin, évidemment, ils rencontrent un monde fou, amis, ennemis, et subiront de multiples épreuves. Parmi lesquelles, pour Aurian, l’acceptation de la mort de son compagnon, et pour Anvar, son émancipation et l’affirmation de son affection grandissante pour la magicienne.

Hors sujet
Je souhaite quand même pousser un coup de gueule au sujet de cette manie qu’ont les auteurs de fantasy de penser leur œuvre automatiquement en terme de nombre de volumes (sans compter les univers parallèles qui s’ajoutent souvent par la suite, voir Le Trône de fer de RR Martin par exemple). Quand on pense que dans certains cas comme celui précédemment cité, ou dans celui, ô combien intéressant de Zelazny avec les 9 princes d’Ambre (qui date un peu, mais que dire des grands auteurs de Science Fiction?), le fait d’ajouter des volumes se comprend, s’accepte et se digère, parfois on a l’impression de mourir étouffé sous les tomes et les aventures farfelues d’autres héros de saga qu’on fait durer jusqu’à la limite du supportable, comme par exemple dans le cas de l’Assassin royal de Robin Hobb, mais je pense que je reviendrai dessus dans une chronique à part avec un peu plus de recherche en amont. Ici, prenez (ou reprenez) votre respiration, parce qu’on entre dans le vif du sujet.

La Fantasy dans le vif (du sujet)
Dans le cas de notre mage rousse aux yeux verts (qui l’eût cru ?) Aurian, que dire sinon que les clichés et les approximations s’accumulent au fil du texte. Il s’agit d’une histoire banale de lutte pour le pouvoir et contre l’ambition, le tout pour rétablir un équilibre perdu. Les Mages sont grands et beaux et forts et immortels, on s’adresse à eux avec circonlocutions et respect, et ils sont soit gentils, soit méchants, très très méchants. Le personnage principal suit le schéma du roman d’apprentissage : honnête, droit quoique colérique, humble et désintéressé, et cela va sans dire, tout le monde l’aime et lui prête allégeance, hommes comme animaux. En plus, c’est une femme, alors c’est d’autant plus admirable. Et, évidemment, elle n’est pas exempte de doutes passagers, comme tout héros qui se respecte. Mais sa voie, c’est de sauver le Monde.
L’auteur n’a pas échappé au désir de mélanger toutes les créatures possibles et sorties de l’imaginaire commun, licorne, hommes volants, Phées (fées, fae…), animaux qui parlent, dragons, pirates, roi esclavagiste, géants endormis, baleines vénérables et j’en passe un tomberau, mais sans beaucoup d’originalité. L’accumulation foisonnante et la succession trépidante d’épisodes qui feraient selon certains la caractéristique agréable de ce livre est plutôt selon moi synonyme de fouillis un peu brouillon, et sans grand intérêt pour parler simplement. Les « épreuves » pour retrouver l’artefact nommé « le Bâton de la Terre » par exemple : comme par hasard la cachette est située sur le chemin d’Aurian, comme par hasard elle appuie sur le mécanisme pour passer à travers la paroi, et la narration de l’épisode en lui-même devient complètement absconse (avec une sorte d’araignée en acier sortant d’on ne sait ou, un pont invisible comme dans Harry Potter, et des pièges affreux mais qu’on évite facilement, mais on n’en est pas à une aberration près).

Où parfois l’on se dit que trancher (dans le vif), c’est pas plus mal…

En clair, après 400 pages on se rend compte qu’il y en a encore autant, qu’on n’en peut plus des allusions relatives à l’amour naissant d’Anvar pour Aurian (déclaré enfin dans les tout derniers chapitres), et que les personnages passent leur temps à presque mourir et à quasi ressusciter sans arrêt, ce qui devient, oh, juste un tout petit peu, fatigant.
Est-ce, quelque part, la « faute à la traduction » ? Une langue lourde, des phrases longuettes, des expressions pas toujours très heureuses, et quelques perles. Je n’ai pas résisté à l’envie de vous rapporter ici quelques exemples. Tout d’abord les décalages absurdes, limite hilarants : « Il roula alors sur le dos et sentit son coeur se transformer en boule de glace lorsqu’il leva les yeux vers le visage (…) de l’Archimage » (p.781) : alors, quel parfum ? Pistache, vanille, viande hachée ?
Ensuite, les mauvais concours de circonstance : « Il ramena sa robe de chambre autour de lui et leva à grand-peine ses os usés » (p.788)… Jeu de mots involontaire qui s’est traduit chez moi par un ricanement nerveux et m’a fait lâcher complètement le fil de l’histoire…
Enfin, les emphases lyrico-débordantes : « Le ciel aurait dû ressembler à un grand saladier bleu qu’animait la joie sauvage et pétillante du chant des alouettes » (p.802) ; ou encore « Des brindilles couvertes d’épines lui crevèrent les yeux et des branches lui déchirèrent la peau douce du ventre, éclaboussant le sol de projections de sang et d’entrailles » ou l’on se demande ce que vient faire la « peau douce » dans cette vision d’horreur…

Tout cela ressemble donc fort à du remplissage de lignes, tant du point de vue narratif que du point de vue stylistique à proprement parler. On attendra de lire la suite, en se disant qu’on a quand même fait mieux question imagination dans ce domaine, mais enfin comme il faut de tout pour faire un monde (même merveilleux), on peut quand même lire Les Artefacts du pouvoir d’une traite parce qu’en matière de SF on n’a rien sous la main, en sachant qu’on n’en gardera que le souvenir douçâtre que laisse un blockbuster de l’été.

Les Artefacts du pouvoir, de Maggie Furey, ed. de poche : J’ai Lu Fantasy, 2009.

Laab Ped : Salade de magrets de canard (recette du Nord Est)

janvier 10, 2010 par Isabelle Godard  
Classé dans Arts de vivre, Cuisine, Recettes

Un air de montagne, la fraîcheur des herbes, Khun Mem nous présente une recette originale et très parfumée dont vos papilles se rappelleront longtemps !

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